La dysfonction ostéopathique

Publié le : 05/04/2017 13:34:01
Catégories : Librairie , TITA éditions

La dysfonction ostéopathique, parfois appelée "lésion", est devenue au fil du temps un dogme, un fourre-tout pratique et idéologique. La dysfonction ostéopathique est pourtant la clef de voûte de cette médecine manuelle qui fonde son approche sur le diagnostic et la correction de ces dysfonctionnements du corps.

La dysfonction ?

Déjà, dans l'appellation et la définition de ce concept de dysfonction, des divergences apparaissent.
Certains auteurs parlent volontiers de "lésion" alors que d'autres soulignent la connotation somatique, d'altération anatomique ou histologique des tissus, liée à l'emploi de ce mot en médecine. Rappelons qu'en français, le terme "ostéopathie" désigne aussi une pathologie.

D'autre part, l'idée d'une anomalie de fonction, de dynamique, s'oppose à la conception ancienne et statique de déplacement articulaire. Le terme dysfonction a raisonnablement supplanté celui de lésion.

Dysfonction primaire ou secondaire ?

La dysfonction ostéopathique n'est jamais seule et unique. Dans le concept ostéopathique, on différencie les dysfonctions par une notion de hiérarchie, de chronologie ou de conséquence (dépendance). Une dysfonction primaire engendre une ou plusieurs dysfonctions secondaires. On peut parler de compensations.
une dysfonction secondaire peut, elle-même, devenir primaire pour d'autres compensations...

La notion de "primaire" pose question. Le terme "primary" en anglais peut se traduire en français par primaire, primitif ou principal (Gladstone).
Ainsi, pour certains, la dysfonction primaire sera la première dans la chronologie de mise en place des compensations, elle pourra être primitive (naissance). Pour d'autres, ce sera la dysfonction principale, celle qui demande le plus d'efforts de compensation au corps. Il y a là une question de contraintes et d'intensité qui n'est pas liée à une chronologie, simplement linéaire.

Liens et chaines dysfonctionnelles

Si l'ostéopathie considère des dysfonctions différentiées, elle envisage évidement des liens entre ces dysfonctions. Les liens chronologiques sont linéaires et généralement faciles à trouver. Les liens anatomiques, tissulaires ou neurologiques sont aussi linéaires et font de bons exemples démonstratifs.

Cependant, au-delà de l'approche académique, les choses ne sont pas aussi simples. Il est courant de constater que le même traumatisme, avec la même dysfonction primaire (chronologie) produise des compensations, des effets et des symptômes différents d'un patient à l'autre. Il est tout aussi courant et surprenant de constater que deux ostéopathes, avec des approches très différentes, vont diagnostiquer des dysfonctions différentes, employer des techniques différentes et aboutir à un résultats équivalent.
De cette situation et d'une certaine méconnaissance peuvent naître des oppositions de chapelles... Chacun étant persuadé de sa démarche et doutant de celle des autres.

L'opposition des concepts

Les approchent conceptuelles évoluent avec le temps. De Still à Van Burskirk en passant par Korr, la médecine ostéopathique a vu la dysfonction ostéopathique sous des angles différents mais toujours avec une place centrale pour le muscle.

Finalement, les recherches scientifiques de ces dernières décennies viennent consolider chacune de ces approches, non pas en les opposant, mais en dévoilant un lien fonctionnel et une certaine synergie.
C'est en tout cas ce qu'il ressort du travail d'Antoine Dixneuf, après avoir épluché de nombreuses recherches sur la proprioception, sur les troubles musculo-squelettiques (TMS) et sur le stress. Ces travaux conduisent à une meilleure compréhension du phénomène de dysfonction ostéopathique, des sources génératrices de dysfonctions et à leur symptomatologie. Les rôles du schéma corporel et du SNC amènent à repenser la relation primaire-secondaire et la relation entre les dysfonctions : en chaine linaire ou en étoile ?

La dysfonction ostéopathique

Ce 3e volume de la collection Essais en Ostéopathie, dirigée par Robert Meslé, met donc le doigt sur un concept clef de l'ostéopathie. Il permettra au lecteur, étudiant ou professionnel confirmé, de mieux comprendre les mécanismes d'installation de la dysfonction. Mieux comprendre les mécanismes de répartition des dysfonctions secondaires (compensations), c'est aussi mieux appréhender l'axe thérapeutique et la place des autres approches (effet écologique).

Nous sommes heureux d'accueillir ce nouvel ouvrage en espérant qu'il apporte un regard innovant à la profession d'ostéopathe.

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